“Depuis 2008, le contrôleur général des lieux de privation de libertés n’arrête de hurler contre les conditions indignes en garde à vue”, dénonce Dominique Simonnot

“Depuis 2008, le contrôleur général des lieux de privation de libertés n’arrête de hurler contre les conditions indignes en garde à vue”, a déclaré la Contrôleure générale des lieux de privation de libertés Dominique Simonnot, mardi 21 septembre sur franceinfo. Elle vient de publier un rapport sur 17 commissariats qu’elle a visités. Elle y dénonce “l’indignité” des conditions d’accueil dans les locaux de garde à vue. Ce n’est pas un fait nouveau soutient Dominique Simonnot, car “Adeline Hazan, celle qui m’a précédée, dans les deux années passées, a dénoncé la même chose notamment les couvertures sales. Et personne ne pourra vous dire le contraire”.

franceinfo : Ces cellules de garde à vue, c’est un espace dont on parle très peu souvent. Elles sont dans les commissariats, celles que vous décrivez et dont vous pointez l’état catastrophique ?

Dominique Simonnot : La première fois que je suis rentrée dans une cellule de garde à vue, la chasse d’eau était cassée. Il y avait trois hommes dont un seulement portait un masque. Et ça dégageait une odeur ignoble. Mais les policiers qui étaient là étaient morts de honte et ils ont dit, “heureusement que vous venez parce que nous aussi, on a honte”. C’est horrible et choquant. Pendant 15 jours, les matelas ne sont pas désinfectés. Est-ce que vous vous rendez compte ? Après ils peuvent attraper n’importe quoi là-dedans puis le refiler à tout le monde une fois sortis. Enfin, quand on voit les instructions gouvernementales, les messages qui passent à la radio, à la télé et dans les journaux sont partout sur les mesures barrières, et les mesures sanitaires. Et là, dans les geôles, qui sont des geôles de la République française ce n’est pas appliqué, c’est comme se désavouer.

“En ces temps de Covid, la même couverture se repasse de gardé à vue à gardé à vue pendant 30 jours.”

Dominique Simonnot

à franceinfo

C’est le cas partout ou bien ce sont des cas isolés, ces exemples indignes que vous mentionnez dans ce rapport ?

On parle des 17 derniers commissariats qu’on a visités entre novembre 2020 et juillet 2021, mais je peux vous lire toutes les conclusions qu’on a rendues, parce qu’on les a toutes ressorties. Depuis 2008, le contrôleur général des lieux de privation de libertés n’arrête de hurler contre les conditions indignes en garde à vue. Adeline Hazan, celle qui m’a précédée, dans les deux années passées a dénoncé la même chose, notamment les couvertures sales. Et personne ne pourra vous dire le contraire. L’exception, c’est que ce soit propre. Il y a une ignoble saleté, de la crasse infecte. On trouve dans des cellules des couvertures qui ont 30 jours de crasse sur elles.

Est-ce que c’est à l’image des commissariats en France ou est-ce qu’il y a une forme de passivité volontaire concernant ces cellules pour les gardes à vue ?

Je ne sais pas ce qui prévaut : la méchanceté ou l’indifférence. Ce que je peux dire, c’est que les policiers ne sont pas plus gâtés. Il faut voir les conditions dans lesquelles ils travaillent. Moi, j’ai vu les flics, ils nous ont remerciés. Ils claquaient des dents dans une espèce d’Algeco qui servait de cellules de garde à vue et qui avait dix ans d’âge. C’était l’hiver et ils étaient frigorifiés comme les gardés à vue.

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