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« Qualitativement, tout est possible », espère le président des Vignerons indépendants de France

La production française de vin devrait être en baisse de 24 % à 30 % en 2021 pour se situer à un niveau « historiquement bas » en raison notamment de l’épisode sévère de gel printanier, a annoncé vendredi 6 août le ministère de l’Agriculture. « Ce ne sera pas un bon millésime, quantitativement peut-être, mais qualitativement, tout est possible », a assuré vendredi sur franceinfo Jean-Marie Fabre, président national des Vignerons indépendants de France et vigneron à Fitou, au sud du massif des Corbières, dans l’Aude. « Les vignerons travaillent d’arrache-pied pour tirer la quintessence » du raisin, souligne Jean-Marie Fabre. Ils vont effectuer « un travail d’orfèvre », pour offrir aux consommateurs « toutes les émotions qu’ils attendent ». « À nous d’être combatif jusqu’au dernier moment », martèle le vigneron.

franceinfo : Le bilan de la saison sera-t-il catastrophique ?

Jean-Marie Fabre : Je vous confirme ce bilan : un gros tiers de baisse de la production française, lié notamment aux aléas de gel du printemps. Ce ne sera pas un bon millésime quantitativement, peut-être, mais qualitativement, tout reste jouable, tout est possible. Les vignerons travaillent d’arrache-pied malgré la cruauté de ce gel de printemps pour tirer la quintessence de ce millési me-là. Les quantités vont être certainement d’un niveau jamais connu. On parle souvent de 1977 ou de 1991. Mais on risque d’avoir la production d’un volume le plus faible depuis les cinquante dernières années.

Comment expliquer cette mauvaise saison ?

Cela s’explique en premier lieu par ce gel qui, à part l’Alsace et quelques vignobles de manière très anecdotique en pourtour méditerranéen, avait impacté tant sur la surface que dans sa puissance, la quasi-totalité des vignobles français. Et puis cela s’explique aussi parce qu’il y a eu une fin de printemps et un été très pluvieux dans les vignobles septentrionaux, lesquels ont forcément à lutter contre les ravageurs et les maladies qu’engendre la pluviométrie. On pense au mildiou, qui a fait d’énormes dégâts dans ces vignobles-là. Mais il y a aussi la sécheresse. Depuis 1998, nous n’avions pas connu une sécheresse aussi marquée. Elle aura l’effet inverse, c’est-à-dire d’amenuiser un petit peu plus le niveau de production. Donc c’est la conjonction de ces trois phénomènes, le gel de printemps massif, mais aussi le mildiou pour certains vignobles, et la sécheresse pour d’autres, qui vont certainement nous amener à connaître la récolte la plus faible depuis plus de 45 ans.

Y a-t-il des régions plus impactées que d’autres ?

Malheureusement, je pense qu’il n’y a pas d’exception. Certaines sont très impactées. Je pense au chablis ou au champagne qui ont connu des aléas multiples cumulés, un peu de grêle, beaucoup de gel et maintenant le mildiou. Mais je crois malheureusement que cette année, peu de vignobles vont passer au travers de ces mailles-là. Mais c’est certainement cela, la signature du millésime qui arrive. Ce sera un millésime de vigneron, où il faut faire face à l’ensemble des contraintes que la nature nous impose et certainement révéler tout le talent des hommes et des femmes qui font ce si beau métier.

Concrètement, comment sauver ce millésime ?

Là où il n’y a pas de raisins où le gel les a enlevés, où les bourgeons secondaires n’ont pas donné de raisin, il n’y aura pas de miracle en volume. Qualitativement, par contre, c’est le soin apporté au quotidien, c’est la capacité à maîtriser parfaitement les contraintes climatiques et à être hyper engagé au plus près de la vigne selon les différents aléas, en effeuillant, en éclaircissant, ou parfois même en amenant les éléments de soins attentifs à chaque cépage, que l’on va pouvoir tirer la quintessence. C’est vraiment au quotidien presque un travail d’orfèvre, pour faire que ce millésime-là puisse offrir à nos consommateurs toutes les émotions qu’ils attendent, malgré des contraintes climatiques. On est dans la dernière ligne droite. On parle des Jeux olympiques en ce moment. C’est là que la médaille va se jouer. À nous d’être combatifs jusqu’au dernier moment.

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