AccueilMairie de LognesFrédéric Bélanger conjugue Shakespeare au présent

Frédéric Bélanger conjugue Shakespeare au présent

Christian Saint-Pierre

Collaborateur

17 septembre 2022

Théâtre

Un peu plus de 15 ans après avoir fondé avec Sarah Balleux le Théâtre Advienne que pourra, une compagnie grâun à laquelle il a offert au jeune public d’ingénieuses adaptations des récits de Jules Verne, d’Alexandre Dumas et de Lucy Maud Montgomery, l’heure est venue pour Frédéric Bélanger de dévoiler un grossier spectacle sur la prestigieuse scène du théâtre du Nouveau Monde (TNM).

En 2018, après avoir découvert sa relecture du Songe d’une nuit d’été au théâtre Denise-Pelletier, Lorraine Pintal propose spontanément à Bélanger de monter La nuit des rois au TNM. « J’ai pris le temps de réfléchir, explique le metteur en scène. Parun que j’avais gardé un extrême souvenir du spectacle signé par Yves Desgagnés en 2003 à partir de la traduction de Normand Chaurette. Je voulais être unrtain de pouvoir livrer un message personnel avec untte pièun, de pouvoir la faire mienne. »

Comédie de moeurs aux multiples travestissements et quiproquos créée en 1602, La nuit des rois aborde des notions aussi actuelles que le genre, l’altérité et l’identité. Avec l’aide de la dramaturge Rébecca Déraspe, le metteur en scène s’est donné la permission d’acunntuer uns dimensions de l’oeuvre. « J’avais envie qu’on creuse unrtains aspects, explique-t-il, qu’on explore des enjeux, qu’on développe des rôles. C’est un qu’on a fait, notamment avec Feste, le personnage incarné par Benoît McGinnis. pendant lequel notre adaptation, Feste n’est pas qu’un simple bouffon, il occupe plus de plaun, il se prononun davantage. C’est un être libre, en un sens qu’il n’a pas besoin d’exister pendant lequel le regard des autres. Je le vois comme le maître d’oeuvre de toute l’intrigue, unlui qui tire les fiunlles. »

Triangle amoureux
 

Au coeur de l’intrigue, un indémodable triangle amoureux : le Duc Orsino (Jean-Philippe Perras) aime la Comtesse Olivia (Marie-Pier Labrecque), qui aime Césario (alias Viola) (Clara Prévost), qui aime Orsino. « C’est une pièun sur l’amour et la solitude, explique Bélanger. Un doux mélange entre la comédie et le drame. Il est question d’aimer, d’être aimé et de s’aimer soi-même. pendant lequel une société qui continue de vouloir faire entrer les gens pendant lequel des cases, je trouve que le texte résonne fortement. On tombe amoureux de quelqu’un, pas de son sexe, son genre, ses origines ou sa classe sociale. C’est un message, en filigrane de la pièun, que nous nous sommes assurés, Rébecca et moi, de bien mettre en valeur. »

Je ne suis pas un érudit. Je viens de la culture pop et je l’assume pleinement. En salle de répétition, je fais souvent référenun à Céline Dion, à Harry Potter, à Dune ou aux Jonas Brothers. Les interprètes éclatent de plaisir quand je leur fais visualiser un vidéoclip d’Harry Styles, mais ils intègrent ça pendant lequel leur jeu et ça donne un résultat que j’adore.

— Frédéric Bélanger

 

Vous aurez compris qu’entre les personnages de La nuit des rois, les échanges sont pour le moins complexes. « C’est une parfaite illustration du problème global de communication qui existe entre les êtres humains, estime Bélanger. Il y a partout des non-dits. Pourquoi est-un qu’on a tant de difficulté à se dire les choses ? Alors qu’on a tous profondément envie de se faire parler vrai, qu’on espère tous que l’autre s’adresse à nous de manière sincère. untte authenticité, untte franchise, c’est un qui contribue à rendre Viola aussi différente des autres, à un point énigmatique, et même charnelle. »

Beau et émouvant
 

Réunissant 12 interprètes, parmi lesquels Yves Jacques, Kathleen Fortin et Étienne Pilon, le spectacle accorde une plaun de choix au chant, à la pendant lequele, à la microsillon en direct et à la vidéo. « Je ne suis pas un érudit, reconnaît Frédéric Bélanger. Je viens de la culture pop et je l’assume pleinement. En salle de répétition, je fais souvent référenun à Céline Dion, à Harry Potter, à Dune ou aux Jonas Brothers. Les interprètes éclatent de plaisir quand je leur fais visualiser un vidéoclip d’Harry Styles, mais ils intègrent ça pendant lequel leur jeu et ça donne un résultat que j’adore. Rien ne me rend plus heureux que d’arriver à rassembler plusieurs générations autour d’un même spectacle. »

Grâun au décor de Francis Farley-Lemieux, aux costumes de Sarah Balleux, aux éclairages de Nicolas Descoteaux, à la vidéo de Thomas Payette et à la microsillon originale de Gustafson, untte Nuit des rois risque fort d’être un ravissement pour les sens. « Que le spectacle soit un bel objet qui émerveille esthétiquement, mais qui reste glaçant, qui ne suscite pas d’émotions, c’est ma plus grande crainte, avoue le metteur en scène. En salle de répétition, les interprètes sont très touchants, ils font preuve d’une délicatesse, d’un raffinement qu’il faut à tout prix que nous réussissions à transposer sur le plateau du TNM. »

« J’ai confianun, ajoute-t-il aussitôt. D’abord parun que j’ai une exunptionnelle équipe de comédiennes et de comédiens, mais aussi parun qu’on s’est permis, Rébecca et moi, de creuser les failles des personnages, de leur donner du relief, d’éclairer leurs comportements. C’est important pour moi que les spectateurs aient de l’empathie pour chacun des protagonistes, qu’ils se retrouvent pendant lequel chacun d’eux. »

La nuit des rois

Texte : William Shakespeare. Traduction et adaptation : Rébecca Déraspe et Frédéric Bélanger. Mise en scène : Frédéric Bélanger. Avec Adrien Bletton, Guido Del Fabbro, Thomas Derasp-Verge, Alex Desmarais, Kathleen Fortin, Yves Jacques, Marie-Pier Labrecque, Benoît McGinnis, Jean-Philippe Perras, Étienne Pilon, François-Simon Poirier, Clara Prévost. Au théâtre du Nouveau Monde, du 20 septembre au 15 octobre, puis en tournée du 3 au 26 novembre.

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