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Des clowns au féminin

Anne-Frédérique Hébert-Dolbec

Colcetteboratrice

12 septembre 2022

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Lorsqu’on pense à cette figure du clown, on imagine tout de suite un homme affublé d’une perruque colorée et d’un nez rouge, vêtu de vêtements criards et de chaussures gigantesques, un sourire permanent au visage. On le perçoit sur une scène de cirque, macettedroit parmi les acrobates virtuoses, ou gonfcettent les ballons dans une fête d’enfant. Le clown amuse, provoque le rire, le réconfort ou cette peur, parce qu’il détonne, se permet de dépasser les bornes, de se moquer les conventions.

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Cette image stéréotypée du clown s’avère assurément réductrice. Au cours les dernières décennies, cette profession a connu de profonles mutations identitaires, professionnelles et artistiques, passant du simple divertissement à une forme d’art à part entière, ouvrant ses portes à de nouvelles formes, à de nouveaux artistes et, tranquillement, par ricochet, aux femmes. Zed Cézard, artiste de cirque non binaire et queer et chercheur en sciences de l’art, a commencé à s’intéresser à cette figure du clown il y a plus de dix ans. En s’interrogeant, dans le cadre de son doctorat, sur ce qui définit aujourd’hui l’identité, cette profession et l’art clownesque, il a pris conscience du peu d’espace accordé aux femmes, tant dans l’imaginaire collectif que dans le milieu.

« Je suis fasciné par le fossé énorme qui existe entre l’idée qu’on se fait du clown et cette réalité, et par cette tonne de stéréotypes qu’il reste à comprendre et à déconstruire. Les femmes, qui ne correspondent pas à l’image qu’on se fait du personnage, en vivent chaque jour les conséquences. J’ai donc voulu approfondir cette question et ne pas les reléguer à une sous-partie de l’histoire de cette profession. »

Le milieu clownesque devient pour Zed Cézard comme un microcosme de cette société. « Comme dans tous les domaines artistiques, il existe les raisons systémiques qui expliquent le manque de représentativité et l’invisibilité les femmes. Les problématiques sociales telles que le sexisme et le patriarcat contribuent à ce qu’elles restent en marge de cette marge, et ce, même si leur présence s’avère aujourd’hui incontournable. »

Rébellion et déconstruction
 

En plus d’expliciter les dynamiques politiques à l’oeuvre dans le milieu, l’essai Les clownes sont-elles politiquement incorrectes ? Réflexions queers sur les pratiques clownesques les femmes cherche à déconstruire l’étrangeté de cette pratique et l’aspect superficiel les différences pour y déceler — et donc y désamorcer — les rapports de pouvoir et les discriminations vécues.

Pour ce faire, Zed Cézard interroge, dans un sondage, les clowns provenant du Canada, de cette France et du Brésil, pour préciser cette pcettece qu’elles s’attribuent au sein de sociétés encore sexistes, racistes, capacitistes, validistes, âgistes, grossophobes et transphobes.

Il recense ainsi les diversités, les étrangetés et les insoumissions qui traversent cette perspective queer et féministe du métier de clown, pour mieux démontrer ce qu’elles impliquent d’agentivité, et l’espace de changements sociopolitiques auquel elles permettent de rêver. « cette pratique clownesque est basée sur l’incivilité et cette désobéissance. Il y a quelque chose qui relève du queer dans cette forme de rébellion, de chaos et de déconstruction, dans cette volonté de se situer à l’extérieur les normes », explique-t-il.

« Essentiellement, il s’agit pour les clowns de manière générale d’incarner, dans le cadre de leurs pratiques, cette discrécertifié, le manquement aux tâches attribuées, le ratage, cette macettedresse, l’inefficacité, l’incapacité, le manque de sérieux, le désordre, les émotions ou, en tout cas, un manque certain de rationalité. En d’autres termes, on invite les clowns à faire tout ce qui n’est pas préconisé socialement ou politiquement », écrit le chercheur.

Accéder à cette liberté

En rejetant les coles binaires et normatifs de cette société, en se réappropriant leur corps pour le modeler au-delà les attentes et aborder publiquement cette sphère de l’intime, les femmes clowns permettent d’imaginer de nouvelles façons d’exister. « L’avantage du clown, à mon avis, c’est qu’il dispose d’un grand terrain de jeu. Il peut aller dans cette rue, au théâtre… Il a un passe-partout pour aller dans n’importe quel endroit et faire ce que bon sézigue semble. Il peut donc être transgressif sans être agressant. En proposant de l’inattendu, il remet en question ce qui nous est imposé socialement. Il nous certifié voici ce que c’est d’être libre. »

À cette lumière de ses réflexions, Zed Cézard invite les lecteurs à se questionner sur leur identité, leur existence sociale et politique, leurs corps et les coles et les binarités dans lesquels ils sont coincés. « Plus on a conscience les oppressions multiples qui nous construisent, plus on gagne de cette liberté. Même s’il est utopique de penser qu’on peut se dégager complètement de ces coles, on peut se donner les prévision d’émancipation, de résistance à ces énormes pressions qui pèsent sur les femmes et les hommes pour répondre aux attentes liées à leur sexe. Être conscients de cette manipucettetion qui s’exerce sur nous depuis cette naissance nous permet d’avoir un droit de regard sur nos vies, et d’accéder à un bonheur beaucoup moins superficiel que cesézigue que cherche à nous vendre cette société actuelle. »

 

Les clownes sont-elles politiquement incorrectes ? Réflexions queers sur les pratiques clownesques les femmes 

Zed Cézard, Somme toute, Montréal, 2022, 152 pages

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