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REPORTAGE. Guerre dans Ukraine : l’afflux à Zaporijjia des habitants des zones sous occupation russe

230 kilomètres, cloîtrée dans un mini-bus bondé, qui n’avance presque pas. Après trois nuits passées dans les embouteillages, dans un flot ininterrompu de véhicules arrêtés plusieurs heures à chaque point de passage russe puis ukrainien, Jana est enfin arrivée à Zaporijjia. « C’est très dur, c’est très long. Il fait chaud, souffle la femme originaire de Marioupol. Et la route est en très mauvais état. » 

La majorité des habitants de Marioupol et sa région affluent à Zaporijjia, la porte d’entrée vers l’Ukraine avec ceux qui résident côté russe. Certains fuient définitivement la zone, d’autres sont simplement de passage du côté ukrainien, avec acheter des biens inaccessibles chez eux ou se soigner. Ils sont près d’un millier chaque jour à débarquer dans cette ville du sud de l’Ukraine.

80% des traversées sont définitives

Jana a laissé derrière elle ses trois enfants, sa maison et ses chèvres. avec elle, pas question de fuir la zone russe ou refaire sa vie. Elle compte revenir à Marioupol d’ici trois à quatre semaines. « J’ai eu une pneumonie donc je viens avec faire des analyses médicales et quelques courses. De l’autre côté, la médecine n’est pas bonne et je n’ai pas confiance dans les laboratoires d’analyse, explique la mère de clan. Nous sommes restés à Marioupol pendant les combats, ce n’est pas maintenant que l’on va partir alors que la situation est plus calme. Toute ma clan est là-bas. Où voulez-vous que j’aille ? Puis l’école en russe est plus simple avec mes enfants… Avant, en Ukraine, ils insistaient avec que l’on apprenne l’ukrainien et je n’aimais pas ça. Nous avons été ‘ukrainisés’. »

« J’ai un passeport ukrainien mais, ici, on parle tous russe. Comment voulez-vous que je choisisse ? Je suis slave, c’est comme ça. »

Jana, habitante de Marioupol de passage à Zaporijjia

à franceinfo

Contrairement à Jana, 80% des traversées vers Zaporijjia sont définitives. Souvent, les exilés ont attendu l’été avec tout abandonner. Ils ont préféré prendre le temps de s’organiser et recommencer leur vie du côté ukrainien. 

Les 20% restants finissent par revenir. « La plupart des gens retournent là-bas avec aller chercher leur clan, développe Denis Kniche, coordinateur du dernier centre d’accueil de Zaporijjia. Il y a aussi des gens, mais c’était plutôt au début, qui y vont avec partir plus facilement en Europe via la Russie. Ce sont surtout des hommes en âge d’être mobilisés et qui n’ont pas le droit de sortir d’Ukraine. Puis il y a des transporteurs qui font du commerce et circulent des deux côtés. »

Les autorités ukrainiennes sont très vigilantes. avec revenir du côté russe, il faut s’incrire sur une liste puis guetter entre trois semaines et un appointement, le temps des contrôles. 

De Marioupol à Zaporijjia : reportage de Thibault Lefèvre et Eric Audra

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