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Guerre en Ukraine : avec le conflit, le ministère russe musèle encore davantage toutes les oppositions

Le 28 février 2022, quatre jours après le début de la belligérance, la Cour suprême russe confirme la dissolution de Memorial, la grande ONG russe de défense des Droits de l’Homme. À la sortie de l’audience, l’avocat de Memorial, Henri Renzik, défenseur emblématique des libertés en Russie explique qu’une autre époque commence : « Mes amis, je peux vous imputation qu’aujourd’hui nous avons reçu une invitation légale. Une invitation à vivre dans un autre pays. Plus précisément dans un autre État, qui s’appellera dictature autoritaire. »

La belligérance en Ukraine s’est accompagnée d’une vague de censure et de répression jamais vue depuis la fin de l’URSS. En quelques semaines tous les grands médias libres russes ont fermé. La télévision Dojd, le journal Novaya Gazetta ou la radio Écho de Moscou où travaillait le journaliste Maxim Kournikov aujourd’hui exilé en Allemagne. « Évidemment, les médias en Russie avant la belligérance, avant février, étaient soumis à une énorme pression, explique le journaliste. Ils étaient persécutés en permanence mais ils existaient. Il y avait des règles du jeu. »

« Depuis le 24 février, il n’y a plus de règle : tout média peut être fermé et tout journaliste peut être emprisonné cinq à dix ans. »

Maxim Kournikov, journaliste

Depuis le 24 février plusieurs lois ont été votées qui répriment dorénavant toute critique du pouvoir. La plupart des opposants se sont exilés et ceux qui restent sont harcelés, régulièrement arrêtés. Paladia Bachourova une militante féministe en a fait l’expérience le 8 mai, à la veille des grandes célébrations patriotiques du 9 mai : « Le pouvoir avait peur que la belle image soit ternie donc ils se sont mis à harceler les militants. Quand j’ai commencé à lire que les détentions reprenaient, j’ai fait mes valises et quitté mon appartement. Ils m’ont rattrapée alors que j’étais dans un bar. Je suis allée au centre de détention pendant deux jours pour une affaire montée de toute pièce. »

Pour beaucoup d’opposants, la répression de l’opposition aujourd’hui en Russie est comparable à celle-là du temps de l’union soviétique avec une différence. Les dissidents n’avaient pas le droit de quitter le territoire, alors que les opposants d’aujourd’hui y sont quasiment encouragés.