AccueilÉconomieVIDEO. Dans "La Petite Dernière", elle raconte la quête d'identité d'une femme...

VIDEO. Dans « La Petite Dernière », elle raconte la quête d’identité d’une femme lesbienne et musulmane

Publié le 11/08/2021 09:39

Durée de la vidéo : 4 min.

BRUT

Article rédigé par

Cette histoire, c’est aussi celle de son autrice, Fatima Daas.

« Lola pose un baiser doux et rapide sur mes lèvres. Je n’ai pas le temps de dire ni de faire quoique ce soit, que c’est déjà réel. Elle prend soin de me regarder avant de retourner s’asseoir dans le fauteuil. Elle dit : « À qui le tour ? » en me faisant un clin d’œil. J’ai 12 ans. Je ne comprends pas ce qu’il vient d’arriver. Rokya dort dans la même chambre que moi. Elle a voulu me faire un câlin avant de s’endormir. J’ai refusé. Et là, dans la nuit, seule, il y a quelque chose qui me terrifie. Je pense sans me le formuler : « Je vais aller en Enfer. » »

Dans l’autofiction « La Petite Dernière », Fatima Daas raconte la quête d’identité d’une jeune femme lesbienne et musulmane. « Quand elle dit : « Je vais aller en Enfer », tout de suite, elle a l’impression de ressentir quelque chose qu’elle n’est pas autorisée à ressentir donc directement elle essaie d’étouffer ce désir », explique Fatima Daas. Pour l’autrice, l’écriture de ce passage est loin d’être anodine : « On ne peut pas faire taire qui on est, ce qu’on ressent », estime-t-elle.

De manière plus générale, l’écriture de ce premier roman s’accompagne d’une volonté évidente de jouer avec la nuance. « Ce texte, il naît de la complexité, de la nuance, de comment on parle de thèmes brûlants mais sans prendre parti, sans faire de choix », développe l’autrice. Elle ajoute : « Moi, où je me situe là-dedans, c’est que dans ma vie, je n’ai pas fait de choix et je refuse encore aujourd’hui de renoncer à ma religion pour faire plaisir à beaucoup de personnes qui voudraient que je dénonce cette religion comme une religion de terreur alors que c’est une religion d’amour. »

Aussi, Fatima Daas estime que l’accès à ces histoires est limité. « Aujourd’hui encore, c’est difficile de faire exister ce roman juste par son texte et je pense que ça peut être important pour d’autres personnes, pour toutes les personnes qui se sentent à la marge », dit-elle. En effet, la jeune écrivaine pointe un « monde de cases très normé » où il est facile d’être « catégorisé ».

Partager sur Twitter

Partager sur Facebook

Partager par mail

Partager le lien