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Paris, Nice, Lyon et Bordeaux parmi les villes universitaires les plus chères de France, selon l’Unef

Le chiffre peut inquiéter, à quelques jours de la rentrée universitaire. En 2021, selon le syndicat Unef, le coût de la vie a augmenté de 2,5 % pour les étudiants, alors même que ces derniers sont confrontés à une précarité plus importante, dans l’impossibilité de trouver un job étudiant ou de pouvoir compter sur le soutien financier des parents, en raison de la crise sanitaire. 

En cause, selon le syndicat, la hausse du prix des transports en commun (+0,97 % en moyenne), mais aussi la baisse des aides directes aux étudiants ces dernières années. Sous le quinquennat Macron, ces aides ont diminué de près de 40 euros par an et par étudiant par rapport à 2016, selon l’enquête de l’Unef sur le coût de la vie étudiante en 2021. 

Sans surprise, Paris reste la ville la plus chère pour étudier, d’après le classement 2021 des villes universitaires établi par l’Unef*, publié mercredi 18 août. Un étudiant dans la capitale débourse en moyenne, en 2021, 1 277 euros chaque mois pour vivre, beaucoup plus qu’à Nanterre (1 171 euros), Créteil (1 134 euros) ou encore Saint-Denis (1 098 euros). À noter que neuf des dix villes les plus chères de France pour les étudiants sont en région parisienne, en raison principalement du coût des loyers et des transports en commun.

En régions, la ville la plus chère est Nice (1 065 euros), devant Lyon (1 036 euros) et Bordeaux (1 010 euros). À l’inverse, Saint-Étienne (802 euros), Poitiers (802 euros) et Limoges (793 euros) sont les villes les plus abordables pour s’installer et suivre des études supérieures. 

La capitale devance très largement les autres villes universitaires, même s’il faut noter une baisse du coût de la vie en 2021, dûe, selon l’Unef, à l’encadrement des loyers. Mis en place en juillet 2019 à Paris, il a entraîné une baisse de quasiment 4 % des loyers cette année. 

Au vu de l’efficacité de la mesure, dans la capitale mais aussi à Lille, le syndicat étudiant demande que celle-ci soit généralisée à l’ensemble des villes universitaires. Bordeaux et Lyon ont déjà annoncé son application. Dans les villes qui ne l’ont pas mise en place, la hausse des loyers atteint jusqu’à 6 % à Toulon et Évry, environ 5 % à Angers, Reims et Mulhouse. Les loyers sont néanmoins restés stables à l’échelle nationale en 2021, avec une hausse de 0,03 %. 

Par ailleurs, l’Unef réclame la gratuité des transports en commun pour l’ensemble des étudiants, alors que le montant moyen des abonnements annuels a augmenté de 1 %. Ce chiffre cache cependant de grandes disparités, avec des villes qui ont fortement augmenté le coût des bus, tramways et métros, comme Clermont-Ferrand, Toulouse (+6 %) et Bordeaux (+3 %), et d’autres qui l’ont drastiquement diminué, telles que Saint-Étienne (-48 %), Perpignan (-39 %) et Caen (-15 %), ainsi que Lyon et Brest pour les étudiants boursiers. 

Pour compenser la hausse globale du coût de la vie, que constate aussi la Fage, premier syndicat étudiant, l’UNEF demande également une refonte des aides sociales, avec une hausse de 20 % de l’ensemble des bourses, leur élargissement à 100 000 étudiants supplémentaires, et l’abrogation de la réforme des aides personnalisées au logement (APL), qui a fait baisser celles-ci de plus de 100 euros pour 40 % des étudiants selon l’Union nationale pour l’habitat des jeunes.

*Pour établir ce classement, l’UNEF a pris en compte de nombreux indicateurs, dans les 47 plus grandes villes universitaires de France : les frais d’inscription à l’université, l’alimentation, l’électricité, le prix de l’abonnement annuel aux transports en commun, les loyers moyens des logements étudiants privés mesurés par Locservice.fr, ou encore les montants mensuels des APL versés par les caisses d’allocation familiale.