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Afghanistan. Les relations entre Londres et Washington en eaux troubles avec le dossier afghan

Le dossier afghan a soufflé un coup de froid entre Londres et Washington. La Grande-Bretagne comptait sur sa “relation spéciale” avec les Etats-Unis pour maintenir sa stature internationale, alors que le pays, insatisfait de l’accord de retrait encadrant le Brexit depuis son entrée en vigueur le 1er janvier 2021, est en porte-à-faux avec l’Union Européenne. Le retrait américain précipité d’Afghanistan a fait déchanter les Britanniques, qui ont rarement autant douté de la fiabilité de l’allié américain.

La revue intégrée de défense et de politique étrangère publiée pour la première fois en mars dernier par le gouvernement britannique affirmait encore que “les Etats-Unis resteront le partenaire et l’allié stratégique le plus important de la Grande-Bretagne”. Le document est peu ou prou l’équivalent du Livre blanc de la défense nationale en France, qui fixe les grandes orientations stratégiques du pays pour les années à venir. 

Pas de traitement spécial pour l' »allié spécial »

Cette confiance affichée dans la solidité des liens entre Londres et Washington a pris un coup avec les déboires américains en Afghanistan, le retrait des troupes américaines ayant précipité une offensive de grande ampleur des talibans, qui ont pris le pouvoir à Kaboul le 15 août. Des sources officielles ont affirmé dimanche dernier au Sunday Times que Joe Biden aurait mis plus de 24 heures pour donner suite à la demande d’entretien téléphonique du premier ministre britannique Boris Johnson. 

Les diplomates britanniques se plaignent également du flou qui a entouré l’intention des Etats-Unis de s’en tenir à la date fatidique du 31 août pour le départ du dernier soldat américain du territoire afghan. Au-delà de cette date, et même quelques jours avant pour des raisons logistiques, la poursuite des opérations d’évacuation par les pays de l’OTAN de leurs ressortissants et des citoyens afghans ayant coopéré avec les forces étrangères serait hautement risquée, faute de sécurité à l’aéroport de Kaboul. 

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Lors d’un sommet du G7 virtuel mardi, le président américain a finalement confirmé sa détermination à s’en tenir au calendrier, invoquant le risque terroriste d’une attaque de l’Etat Islamique sur les soldats du contingent américain. 

Un agacement qui pourrait faire office d’écran de fumée

L’ex-premier ministre britannique Tony Blair, qui en son temps était critiqué pour son suivisme de la politique américaine en Irak en 2003, a taxé d’”imbécile” le mantra de l’administration Biden “en finir avec les guerres sans fin”. Des sources ministérielles anonymes ont de leur côté fait fuiter leur impression que Joe Biden avait l’air d’un “timbré” en conférence de presse. 

Mais pour certains, cette joute verbale camoufle mal les limites de la diplomatie britannique, qui a échoué à voir venir la fuite américaine vers la sortie. La revue intégrée de défense précitée fait seulement deux allusions vagues à l’Afghanistan, remarque le Guardian, qui cite un ex-membre anonyme de la défense nationale britannique : “le Foreigne Office n’a pas été capable de reconnaître la réalité de l’épuisement et l’ennui américain avec le projet interventionniste de Bush, une tendance qui remonte à Barack Obama”.